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DEBAT SUR SABARI FM 97.3

Mohamed CISSE dans un débat radiodiffusé (Débat National) / SABARI FM 97.3
Lundi « 4.9.2012 de 10h15 - 11h00

THEME DE DEBAT : Situation économique de la Guinée

Radio Sabari : Bonjour ?

Mohamed CISSE :
Bonjour, permettez-moi tout d´abord de vous remercier pour me donner l´occasion de m´exprimer sur votre radio, les ondes de SABARI, qui est aujourd´hui une grande radio. Bonjour également tous les auditeurs
.
RS : Votre analyse de la situation économique guinéenne?

M. CISSE :
Chaque pays est sensé avoir une véritable orientation politique économique, un cadre juridique et institutionnel, se fixer des objectifs de développement et de croissance, favoriser l´émergence d´une économie de libre entreprise faisant ainsi du secteur privé le moteur de la croissance. La libéralisation des prix, l´élimination de toutes entraves liées aux échanges intérieurs et extérieurs. L´Etat peut ne pas se désengager du secteur public productif, mais il est important d´avoir une orientation claire en assurant la croissance de la production, même dans un libéralisme (pour mondialisation) resté protectionniste (de son marché). La situation des recettes intérieures propres est essentielle et celle des dons et emprunts doit être un appoint. Le ratio du service de la dette qui s´obtient au moyen du rapport entre le montant du service de la dette et le montant des exportations permet de mesurer le poids de la dette sur l´économie du pays, la situation est jugée bonne si ce ratio ne dépasse pas 5%. Si ce ratio tiré de la comparaison de la dette avec le PIB s´avère inférieur à ce qui est exigé pour être éligible au classement dans le pays des PPTE, il peut toujours indiquer un très haut niveau de surendettement du Pays. La situation de la balance des paiements de la Guinée traduit jusqu´à présent une forte dépendance de l´économie vis-à-vis de l´extérieur.

Selon les études de scenarios de croissance et d´investissement répondant au mieux au défis du développement économique et social et alliant les exigences des équilibres macroéconomiques et financiers á établir et utilisant des variables relatives au contexte économique et financier aussi bien intérieur qu´extérieur, la croissance projetée en Guinée est estimée à 8,1% pour 2015 et était à 4% en 2011, 1,9% pour 2010; la croissance de la production, tenant compte d´un certain nombre de facteurs, notamment les potentiels naturels et humains, la nécessité de diversifier l´économie et les objectifs sociaux, sera portée par l´agriculture (5,8% de progression en moyenne), l´élevage (5%), la pêche (5,1%), les mines (5,9%), le secteur manufacturier (6,3%), l´eau et l´électricité (7,8%), les BTP (9,4%), le commerce (6,1%), et le transport (6%). D´autres secteurs productifs tels que le tourisme et l´artisanat, les télécommunications contribueront également à la formation du PIB et à la création de richesse.

La croissance du PIB par habitant pourrait s´élever à 4,7% et continuer à des rythmes plus élevés les années suivantes.

Avec un environnement favorable à un volume d´investissement croissant, la structure du PIB devrait se consolider avec une amélioration de la contribution des secteurs porteurs de croissance, il est projeté que le secteur primaire y contribuera à raison de 21,6% (dont agriculture 14,2%), le secteur secondaire 33,2% (dont mines 14,1%), et le secteur tertiaire 37,3%.

La croissance nécessite une utilisation optimale des capacités de production existantes, la création de nouvelles capacités, l´exploitation de toutes les potentialités naturelles et humaines disponibles, et la promotion des activités ayant un fort potentiel de valeur ajoutée, mais aussi génératrices d´emploi, de sources de revenu pour la population, et ayant un impact significatif sur la réduction de la pauvreté et l´amélioration des conditions de vie des populations.

La croissance économique projetée requiert un volume d´investissement total de 55440 milliards de FG durant le quinquennat, soit environ 7850 millions de USD. Cela représente une moyenne annuelle de 11088 milliards GNF, dont 4778 milliards d´investissement public (43%) financé par les ressources budgétaires propres et l´aide publique au développement, et le reste, soit 6310 milliards, devant représenter les interventions du secteur privé (57%).

La mobilisation d´un tel volume d´investissement permettra d´améliorer significativement le taux d´investissement qui devrait passer de 17,1% du PIB en 2010 à 22,4% en 2011 et 29,7% en 2015.

Les revenus budgétaires devraient évoluer de manière à répondre aux besoins pressants d´investissement public et les dépenses de fonctionnement. Selon les estimations du cadrage macroéconomique et les activités économiques dans les secteurs miniers et non miniers, les recettes ont atteint 17,6% du PIB en 2011, contre 15,3% en 2010 et pourraient évoluer ainsi graduellement pour se hisser à un niveau proche de 20% en fin 2015.

Dans le Programme des Investissements Publics (PIP), le volume annuel de ces investissements publics sera intégré dans le budget de l´Etat. Pour l´année 2012, ces investissements sont estimés à 3233 milliards GNF, dont 2353 milliards à financer par le Budget National de Développement (BND) et 880 milliards à couvrir par l´apport des partenaires techniques et financiers/PTF (FINEX).

Le pays devra compter en premier lieu sur ses propres ressources financières en mobilisant l´épargne nationale aussi modeste soit elle, en assurant une progression continue des recettes fiscales, et en organisant et facilitant le financement bancaire des activités du secteur privé.

La Guinée en fonction de l´ampleur des défis à relever et des enjeux dans les différents domaines économiques et sociaux relatifs aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) a opté pour les axes stratégiques suivants : amélioration de la gouvernance, lutte contre la pauvreté, développement de l´infrastructure de base, expansion économique et promotion des secteurs porteurs de croissance, restructuration des forces armées et de sécurité. La Guinée s´est engagée dans une reforme économique afin d´éradiquer les déséquilibres macroéconomiques. Le renforcement du recouvrement des recettes publiques qui comporte les éléments suivants : élargissement de l´assiette fiscale en luttant contre la fraude et l´évasion fiscale ; promouvoir et développer le partenariat public/privé ; renforcer le contrôle interne ; lutter contre la corruption et le détournement de deniers publics ; renforcer les capacités des administrations fiscales (formation, équipement des structures). Les indicateurs économiques du pays permettent de surveiller la croissance.

La rigueur dans la gestion des finances publiques constitue le meilleur moyen de réduction du déficit budgétaire. Dans le cas de la Guinée grâce notamment à l´application rigoureuse du système de gestion des dépenses de l´Etat sur base caisse, à travers un plan de trésorerie mensuel permet d´éviter de nouvelles avances de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) au Trésor, la politique de crédit de la BCRG doit être favorable au crédit à la production et le crédit à la création d´entreprise, les PME doivent former l´ossature de l´économie. Une politique de promotion du secteur privé n´a de chance de produire d´effets escomptés que si elle a pour support un système bancaire capable de faire face aux besoins de financement des opérateurs économiques sous toutes leurs formes. Le déficit entre les dépenses et recettes publiques aussi appelé le déficit de la balance transactions courantes, est réduit de 13% à 2% du produit intérieur brut (PIB), c´est à dire le solde de base du budget (le budget a un caractère prévisionnel. Les projections doivent toujours être comparées aux réalisations pour apprécier les écarts. La justesse d´un budget dépend de la correcte appréciation que l´on fait des écarts constatés entre les projections et les réalisations). cette maitrise des dépenses publiques qui passe par le respect des codes des contrats des marchés publics, par une politique monétaire prudente (telle le redressement de la balance des paiements pour renforcer la valeur de la monnaie) et par une politique des changes actives permettant ainsi de réduire l´inflation et limiter les fluctuations du taux d´échange et d´éviter de faire l´usage de la planche à billet, c´est ce qui conduit à la stabilisation de la monnaie avec la réduction du taux d´inflation, celui de la Guinée est réduit de 23% à 17%. C´est à dire une stabilisation macro-économique qui engendre une stabilisation du taux de change de la monnaie, le franc guinéen et un accru des réserves de change, dans le cas guinéen, ces réserves sont passées de deux semaines à six mois d´importations.

La stabilité des prix des produits de consommation dans les marchés, dépend de plusieurs facteurs économiques. Il faut citer le taux de change de la monnaie, les exonérations douanières ou la taxe sur la consommation, la protection et le contrôle des prix sur le marché qui signifient un suivi efficace afin d´éviter un écrasement à la déloyale des produits locaux par les produits importés.

Le secteur minier, qui constitue la colonne vertébrale de l´économie guinéenne, a fait l´objet de l´adoption d´un nouveau code minier le 9 septembre 2011. Dans ce domaine, beaucoup de grands projets sont initiés aujourd´hui, tant dans la filière bauxite alumine que dans la filière fer. L´investissement dans ce domaine aujourd´hui est sécurisé, rentable et créateur d´emplois en Guinée grâce à ce nouveau code minier.

Dans le secteur de l´Energie, il s´avère un accru du taux de desserte de la population en électricité, passé de 31% à 65% grâce à la réhabilitation des anciennes centrales thermiques Tombo 3 et Tombo 5 qui comptent 7 groupes de 10 MW et l´acquisition de nouvelles centrales thermiques au Diesel : avec une puissance de 50 MW mise à disposition gratuite et installé à Kipé par le groupe Asperbra, un groupe brésilien. Au Mazout : Un contrat de fourniture et d´installation de 100 MW a été conclu avec le groupe brésilien Asperbra. Des groupes Man totalisant 50 MW sont déjà livrés et sont en cours d´installation sur les sites de Tombo 1 et Tombo 2 ; les 50 MW seront livrés en juillet 2012. A la fin de l´installation de ces groupes, la desserte pour toute la population sera rassurée, pendant 18 heures par jour ; aussi la fourniture et installation de lampadaires solaires dans de différentes préfectures du pays. Il ya beaucoup de grands projets initiés dans ce secteur en Guinée, tel celui de Kaléta d´une puissance de 240 MW et un coût d´investissement de 446 millions $, qui est un barrage, une centrale hydroélectrique. Il faut le signaler, pour le respect de l´environnement, les énergies dites propres qui sont les énergies renouvelables constituent aujourd´hui ce que tous les pays demandent. Il faut pour couvrir les besoins de la population aménager aussi des mini centrales hydroélectriques tant pour la fourniture d´électricité domestique qu´en énergie pour le développement des PME/PMI.

- la mini centrale hydroélectrique de Kogbédou sur le Milo avec 14,8 MW pour électrifier Kankan,

- la mini centrale de Tiambata à Labé pour 2,6 MW

- la mini centrale de Lokoua sur la Loffa à N´Nzérékoré, 6 MW

- la mini centrale de Madina sur le Dion, un affluent du Sankarani, pour Kérouané et Beyla avec 17 MW

- la mini centrale de Singuega sur la Makona, pour les préfectures de Macenta, Gueckédou et Kissidou avec 18 MW
Le grand potentiel hydroélectrique dont dispose la Guinée est estimé à 6000 MW, s´il est exploité pourrait permettre la résolution définitive du problème d´électricité du pays aussi bien en faveur des populations que des secteurs de croissance économique.
Merci.

Publié par la Rédaction 25.06.2015

Mohamed CISSE, Fondateur et Administrateur du site

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